Jeudi 22 novembre, 19h30

LA MUSIQUE LA PLUS TRISTE DU MONDE 
un film de Guy Maddin
2003, Canada, 100 min.

1933. Winnipeg, au Canada, vient d'être élue "ville la plus triste du monde". Au cœur de la Grande Dépression, Lady Port-Huntly, baronne locale de la bière profitant de la prohibition pour vendre son alcool aux Américains, décide de tourner la situation à son avantage et de s'enrichir en organisant le concours de la musique la plus triste du monde. Les 25.000 dollars à la clé font tourner toutes les têtes et, malgré la neige 

et le froid, des candidats du monde entier affluent vers la ville. Parmi eux, Chester Kent, producteur de Broadway ruiné, de retour dans sa ville natale accompagné de sa belle Narcissa, vient représenter les États-Unis. Malheureusement, les retrouvailles de la famille Kent sont houleuses et le concours organisé par Lady Port-Huntly deviendra, pour le père et ses deux fils, bien au-delà de la musique, la plus belle occasion de s'affronter afin de régler de vieux secrets de famille.

Pour la première fois, Guy Maddin, souvent qualifié de cinéaste "intemporel", a bénéficié d'un budget important pour la réalisation de son long métrage, marquant ainsi un tournant et une évolution dans sa carrière. Pourtant, bien que La musique la plus triste du monde soit considéré comme moins artisanal et – d’une certaine façon – plus accessible au public, il n'en reste pas moins un film inclassable. S'appropriant véritablement l'histoire, le cinéaste y projette ses obsessions pour livrer une œuvre cauchemardesque. En alternant images fantomatiques en noir et blanc et d'autres aux teintes saturées, le film mélange un rythme haletant à une ambiance presque mortifère pour donner un résultat proche d'une comédie musicale désordonnée où se côtoient cul-de-jatte, amnésique, hockeyeurs, joueurs de cornemuse et bien d'autres. Avec un humour plus que grinçant, Guy Maddin dresse, avec La musique la plus triste du monde, le portrait d’individus réduits chacun à une pulsion unique : celle d’être proclamés, à tout prix, l'être le plus triste du monde.

Jeudi 15 novembre, 19h30

FOUND FOOTAGE
sélection de courts métrages 
Jean-Baptiste Lenglet, Yves-Marie Mahé, Osbert Parker, Jean-Gabriel Périot, 

Nicolas Provost, Rick Romanowski, Volker Schreiner, Ichiro Sueoka




Attention, les yeux ! Au programme de la séance : des films de found footage que nous avons voulus aussi récents que possible (il nous a semblé intéressant de faire l’impasse sur les courts métrages reconnus des années 1990 pour nous intéresser à ce qui a pu se faire durant la dernière décennie). Dans sa traduction littérale, ce terme anglophone signifie « pellicule trouvée ». Il désigne une pratique protéiforme qui consiste à partir de matériaux filmiques existants pour se les réapproprier et en faire tout autre chose. Relevant à la fois du jeu et de l’expérimentation, le geste est tantôt critique, tantôt purement ludique ou poétique.

Les approches sont multiples. Il peut s’agir, par exemple, de réaliser – dans la filiation du travail de Matthias Müller et Christoph Girardet – une compilation d’extraits de films structurée autour d’un même motif (la figure du baiser de cinéma dans Gravity, les lettres, notes et autres petits mots qu’on s’écrit dans From Afar) ou de travailler un plan ou une séquence de film dans l’optique de traduire sur le plan visuel le référent qui y est mis en scène. Dans Under twilight, les tremblotements de la pellicule et les surimpressions expriment la violence de bombardements aériens, tandis que la répétition délirante du mouvement et l’altération graduelle de l’image dans l’hypnotisant Mère Jeanne des Anges se veut une interprétation formelle de l’expérience convulsive de la possession.

À travers sa série de films intitulée Re-interpretation for the private films (dont fait partie Berlin im winter), Ichiro Sueoka se réapproprie plusieurs petits films domestiques amateurs (home movies) pour composer des films-archives. Son but est la sauvegarde de ces courts métrages qui sont autant de témoignages d’une époque. Comprenant leur caractère historique et temporel, il leur offre une seconde chance de survivre au temps qui passe.

D’autres utilisent le found footage pour énoncer une critique à l’égard de la société, récupérant quelques plans pour effectuer un travail de montage subversif (Bienvenue ! Va crever !, en traitant de la question de la violence médiatique, évoque la société gangrenée par l'argent, la pornographie, la violence, tandis que The American Dream dénonce de façon cinglante l’hypocrisie du gouvernement américain à l’égard de la bonne conduite qu’il s’évertue à inculquer aux citoyens). D’autres encore revisitent l’une ou l’autre séquence de film pour une expérimentation purement visuelle, poétique (Papillon d’amour) ou ludique (Touche-moi pas).

Enfin, certains cinéastes s’inspirent de la démarche propre au cinéma de found footage – celle du recyclage d’images – pour s’essayer à un exercice singulièrement différent. Nijuman no borei (200.000 fantômes), par exemple, retrace, à travers une compilation de photographies, l’évolution de la ville d’Hiroshima depuis 1914 jusqu’à 2006. Quant à Osbert Parker, ses animations de morceaux de pellicule découpés rendent hommage aux classiques hollywoodiens d’une étonnante manière (Yours truly).

PROGRAMME (sous réserve) :
PAPILLON D’AMOUR, de Nicolas Provost (2003, Bel, 4’) – GRAVITY, de Nicolas Provost (2007, Bel, 6’) – NIJUMAN NO BOREI (200.000 FANTÔMES), de Jean-Gabriel Périot (2007, Fr, 11’) – UNDER TWILIGHT, de Jean-Gabriel Périot (2006, Fr, 5’) – TOUCHE-MOI PAS, de Yves-Marie Mahé (2011, Fr, 2’) – BIENVENUE ! VA CREVER !, de Yves-Marie Mahé (2001, Fr, 4’) – MÈRE JEANNE DES ANGES, de Jean-Baptiste Lenglet (2008, Fr, 8’) – TEACHING THE ALPHABET, de Volker Schreiner (2007, All, 4’) – FROM AFAR, de Volker Schreiner (2007, All, 5’) – BERLIN IM WINTER, de Ichiro Sueoka (2003, Jap, 7’) – THE AMERICAN DREAM, de Rick Romanowski (2010, E-U, 6’) – YOURS TRULY, de Osbert Parker (2006, G-B, 8’).
Durée totale : 70’

Jeudi 8 novembre 2012, 19h30

Blanche Neige, la suite
Un film de Picha (2005, Belgique, 82 min.)




"Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants". Voilà comment se termine tout conte merveilleux qui se respecte. Mais vous êtes-vous déjà demandé ce qu’il se passe après ? Là où s’arrêtent habituellement la plupart des contes de fées, ici se poursuit le fabuleux destin de Blanche Neige. Tout continue, et à l’envers ! Une Blanche Neige naïve et mièvre à souhait, des nains retords et vicelards, une vieille bonne fée crapuleuse… Toute la fine équipe rassemblée au complet pour le plaisir des plus grands.

Quatrième et dernier long métrage en date du réalisateur de films d’animation belge Picha (Tarzoon, la honte de la jungle, 1975 ; Le Big-Bang, 1987), Blanche Neige, la suite nous plonge dans le monde anti-romantique et parodique d’une Blanche Neige sainte-nitouche trônant au milieu d’une faune perverse. Cécile de France et Jean-Paul Rouve se retrouvent au casting des voix, donnant la vie à cette ménagerie délirante et sans retenue que peuple la chaumière enchantée.

Jeudi 13 décembre, 19h30

SÉANCE PARTICIPATIVE

Nouveau concept : le Nickelodéon décide de mettre son écran et son matériel de projection à disposition des jeunes – et même moins jeunes – qui s’essaient à la réalisation. Qu’il s’agisse de fiction, de documentaire, d’essai ou de vidéoart, l’écran est à vous le temps d’une soirée ! 


Nota bene : afin de vous assurer une soirée de qualité, l’équipe du ciné-club se réservera toutefois un droit de présélection. 


Merci de nous faire parvenir vos films sur support DVD pour le 30/11/12 au plus tard, à l’adresse suivante: 

Ciné-club Nickelodéon
Université de Liège
Place du XX-Août, 7 
4000 Liège


N’oubliez pas de nous laisser toutes vos coordonnées afin que nous puissions vous recontacter rapidement pour vous annoncer votre éventuelle sélection.

Bonne chance !



Jeudi 25 octobre, 19h30

Rubber
Un film de Quentin Dupieux (2010, France, 85 min.)
Musique originale composée par SebastiAn, Gaspard Augé et Mr Oizo
En présence de Flat Eric, barbe à papa offerte !




A l’occasion d’Halloween, l'équipe du Nickelodéon vous propose, une nouvelle fois, une séance tout en décalage. Tandis que Wrong, le dernier film de Quentin Dupieux, alias Mr Oizo, est actuellement dans les salles, Rubber, son oeuvre précédente, n’a jamais été diffusée en Belgique. Pourtant, le pitch a de quoi piquer les curiosités : au beau milieu des terres désertiques californiennes, des spectateurs crédules assistent à la projection d’un film retraçant les déambulations meurtrières de Robert, pneu psychopathe et télépathe. Un récit est enchâssé dans un autre : la mise en abîme du cinéma n’est que le début d’une longue série d’inventions absurdes, de concepts, de situations nonsensiques et de citations cinéphiles, le tout sans aucune limite morale. Cet étrange objet cinématographique est à la rencontre des genres, entre le western spaghetti, le film d’épouvante, le road movie, le slasher ou le survival. Dans la lumière blanche si typique de la Californie, il est tourné avec un Canon 5 et les optiques macro produisent un rapport tout particulier à la profondeur de champ. Pour accompagner cette grande expérimentation, ce jeu délirant sur – et avec – le cinéma, Mr Oizo est rejoint par SebastiAn (Sébastian Akchoté) et Gaspard Augé. Ils composent une bande son qui alterne entre les références à de films de genre et pure création.